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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Halehan

L'artiste qui a choisi de ne pas choisir

Artistes Pop - Folk - Rock
(c) Marnik Boekaerts
(c) Marnik Boekaerts

Révélé en 2017 avec un premier EP bercé de guitare folk, le surdoué bruxellois s’aventure en terres hip-hop, jazz et électro sur le passionnant Selfless Dream, attendu pour début 2020. Rencontre avec un créateur qui aime brouiller les pistes.

Luc Lorfèvre

En 2017, vous présentiez Temple Of Mahia comme une carte de visite. Comment faut-il aborder votre nouvel EP 6 titres attendu pour 2020?
Selfless Dream est plus ambitieux que Temple Of Mahia. C’est le fruit d’un travail d’un an et chacune des six chansons a son importance. Je me sens à l’aise sur le format EP. Un album, c’est un peu long, autant pour celui qui l’écoute que pour l’artiste. Avec Selfless Dream , j’explore des styles différents. Avec son titre en clin d’œil à Miles Davis, Kind Of Blue renvoie ainsi à cette notion de « couleur bleue » et de mélancolie qu’on retrouve dans le jazz. The Gene’s Man par sur des sentiers hip-hop avec une collaboration avec le musicien Halibab Matador du groupe Yellow Straps. Il y aura aussi des titres plus électro mais aussi Home, un titre plus minimaliste s’appuyant sur le piano/voix. J’aime bien cette idée qu’un artiste puisse aller dans plusieurs directions, même si ça va à l’encontre du business de la musique qui préfère une image et un style très précis. Ma musique, c’est comme mon look, j’aime changer.

Vous avez étudié la composition pendant trois années à l’Institute Of Contemporary Performance de Londres. Vous n’aviez pas trouvé votre bonheur en Belgique ?
En Belgique, j’ai suivi une formation de jazz pendant un an mais je ne me sentais pas assez bon musicien pour passer plusieurs années dans une académie. J’ai toujours privilégié l’écriture des chansons.  Dans les écoles de musique en Belgique, il y a seulement quelques heures d’enseignement consacrées à la création. À Londres, tu peux suivre un cycle de trois ans où on t’enseigne le songwriting. J’y ai appris la mélodie, l’écriture de texte, le format, le travail en atelier collectif. C’est hyper créatif et ça m’a ouvert l’esprit.

Vous mesurez le chemin parcouru depuis Temple Of Mahia ?
Au printemps dernier, dans mon entourage, on me disait: Ouah, tu fais les Nuits Botanique et tu vas jouer aux Francos cet été. Ce sont des caps importants. J’avoue que j’ai du mal avec cette notion de « cap ». Je suis au début de mon projet. Chaque concert, chaque morceau, chaque collaboration, chaque rencontre me semble important. Par contre, je mesure la chance que j’ai d’avancer « en continu ». Ça ne s’arrête jamais et j’ai l’impression d’évoluer dans tout ce que je fais.

Quand Les Inrocks vous ont qualifié de « nouvelle pépite folk » à la sortie de Temple Of Mahia, vous n’avez pas trouvé ça réducteur ?
« Nouvelle pépite folk », c’est un beau titre. Sur les maquettes des chansons de Temple Of Mahia, il y avait clairement des influences folk dans ma guitare même si elles sont beaucoup moins présentes dans ma musique aujourd’hui. Ça m’a touché mais je suis ailleurs aujourd’hui.

Vous pensez déjà la prochaine étape?
Sur scène, nous sommes désormais à trois pour défendre les chansons de Selfless Dream et la dynamique change complètement par rapport à mes premiers concerts.  Avant les festivals de l’été 2020,  j’aimerais bien publier encore des chansons, dont ma première écrite en français. Ce sera plus organique, plus ensoleillé, avec une grosse inspiration samba.

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