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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Commander Spoon

Service trois étoiles

Artistes Jazz
Commander Spoon (c) Yaqine
Commander Spoon (c) Yaqine

De très bons concerts parmi lesquels un à l’affiche de la Fête de la Musique, trois EP dont le  dernier date de juillet et… on n’avait encore jamais vraiment parlé dans Larsen de ces garçons aussi doués qu’ouverts à de multiples influences. Dingue !
 

Didier Stiers

Ne pas encore avoir évoqué Commander Spoon jusqu’à aujourd’hui est une erreur en soi. En même temps, c’est normal et aussi un peu de leur faute : même si les uns et les autres disposent de CV individuels déjà bien remplis, voilà en effet un an à peine que ces quatre-là œuvrent ensemble.

Pierre Spataro (sax, clarinette et qui a étudié avec Steve Houben), a ainsi fondé Rue des Pêcheries et Oyster Node (où l’on retrouve Julie Rens de Juicy), a travaillé avec des rappeurs et a aussi été actif sur la scène électro (Skiv Trio, Bishop Dust…). Samy Wallens (batterie), qu’on retrouve dans Oyster Node avec le précédent, c’est entre autres choses dix ans de perfectionnement de percus africaines sous la houlette de Mamady Keïta et on lui doit également le plateau rap Niveau 4. Quant au Montois Florent Jeunieaux (guitare), il a notamment joué avec La Chiva Gantiva et Murmures, tandis que le brésilien Fil Caporali (contrebasse) figure sur une liste de collaborations longue comme l’Amazone. Deux semaines après le lancement de Commander Spoon, ils se retrouvaient en studio pour enregistrer leur premier EP.

On voulait aussi commencer par faire des disques, raconte Pierre Spataro. C’était une volonté d’être dans le présent, dans l’immédiateté. On sort des trucs, quoi ! Pour Samy Wallens, c’est aussi le fruit de leurs expériences précédentes : Après avoir joué avec beaucoup de monde, on a voulu exister tout de suite. On ne voulait pas d’un groupe qui aille dans plein de cafés et doive répondre à cette éternelle question : Où est-ce qu’on peut vous écouter ? On voulait faire la démarche inverse : d’abord enregistrer un disque, le sortir et après, dire qu’on existe, que si on veut nous écouter, il y a ceci et cela sur Internet.

Trois EP en un an : c’est le but avoué dès le départ. Qui plus est, liés par les titres – Introducing, puis Declining et enfin Facing – autant que par l’iconographie, laissée aux bons soins du peintre et graphic designer Benjamin Hendlisz. On voulait apprendre et évoluer en faisant de la musique, commente Samy Wallens, plutôt qu‘en passant du temps dans un local de répétition, à attendre d’être prêts pour aller jouer. On apprend en faisant des concerts, des disques, en enregistrant, en sortant de la matière et créant le truc pour de vrai. Ça fait un bien fou parce qu’on voit les choses avancer.

Ces EP, qui traduisent aussi l’évolution du groupe en un an, ces concerts au cours desquels les morceaux ne sont d’ailleurs plus joués de la même manière, l’éclectisme des quatre garçons, tout ça arrive dans une actu qu’on dirait bien plus friande de jazz qu’auparavant. C’est un public plus large qui s’y intéresse, des labels qui le mettent mieux en avant, des endroits inédits où il a désormais droit de cité, comme Dour par exemple. Pierre Spataro voit dans la fameuse compile de Gilles Peterson, We Out Here ! (sortie en février 2018 sur son label Brownswood Records) un jalon de cette bonne santé de la scène.

La musique a évolué aussi, complète son comparse. J’ai l’impression que pas mal de musiciens sont dans une démarche un peu plus populaire. Ils font de la musique peut-être plus – je n’aime pas ce mot – accessible. C’est beaucoup plus influencé par le hip hop et plein d’autres choses, qui font bouger la tête plutôt que rester assis à écouter sagement. Je commence aussi à sentir que les gens remarquent qu’ils ne voient plus de musiciens sur scène. C’est hallucinant : tu vas aux Ardentes, à Dour, tu vois 15 concerts et tu te rends compte que tu as vu deux musiciens sur la journée ! Là, c’est un peu la première année où j’ai l’impression d’entendre les gens se faire la réflexion d’eux-mêmes. Je pense que ce n’est qu’un début… Et ça devrait s’amplifier ? De plus en plus d’artistes, même dans d’autres styles, vont peut-être aussi sentir ce besoin d’avoir un truc vivant derrière eux sur scène, et moins d’Ableton, de dj’s… 

www.facebook.com/commanderspoon

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Commander Spoon 
Facing (EP)
Autoproduction

Commander Spoon

sous-catégories : Groupes (musiques actuelles) genres : Jazz (nu jazz)
DR

Les Bruxellois de Commander Spoon colorent leur jazz énergique d’une large palette d’influences. Le quatuor se compose du saxophoniste Pierre Spataro (qui est aussi le créateur des mélodies cosmiques)...