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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Scylla

Soleil levant

Artistes Musiques Urbaines
Scylla (c) Romain Garcin
Scylla (c) Romain Garcin

Alors que Pleine Lune, avec le pianiste Sofiane Pamart, date à peine d’octobre 2018 et est toujours dans l’actu, le Bruxellois se fend en juin dernier d’un nouvel album : BX Vice. Mais que se passe-t-il ?

Didier Stiers

Vous avez passé la cinquième ? Vous aviez de nouveaux morceaux que vous vouliez absolument sortir ?
C’est ça ! J’adore l’expérience avec Sofiane, c’est une vraie interaction et ça m’amène sur d’autres terrains. Mais habituellement, je suis assez solitaire dans ma création. Là, j’ai eu envie de sortir un peu de cette bulle piano-voix et de pratiquer à nouveau sur mon propre terrain. J’ai écrit cet album assez vite : en trois mois, il était bouclé.

BX Vice est un clin d’œil à BX Vibes, votre titre d’il y a dix ans. La suite de l’histoire ?
C’est un autre angle. À l’époque, les maisons de disques françaises m’ont fait des propositions sur la base de mes premières sorties : les freestyles, le clash avec Crown (beatmaker français au sein des Grim Reaperz - ndlr)… Et comme je l’écris dans BX Vice, on me dit alors qu’on est prêt à bosser avec moi, que je dois être le prochain Sinik, que les blancs ça vend mais que dans un premier temps, il ne faut pas trop parler de ma nationalité belge parce pour l’identification, ça ne va pas être top. C’est pour ça que j’avais écrit BX Vibes, en réaction, car j’aime ma ville et j’en ai fait un porte-drapeau. Ici, on est dans quelque chose de beaucoup plus personnel, et dans un rapport plus nuancé à mon environnement, où j’ai vécu les plus beaux moments tout comme des moments tragiques. Il y a une relation amour-haine avec Bruxelles. Mais où que je sois, c’est toujours dans mon ADN.

Un petit côté biopic ?
Oui. Je n’avais jamais donné de détails personnels dans mes sons. Là, je me suis mis à nu dans mes sentiments, mais dans un but d’universalité.

NVM, extrait du disque, a été clippé dans les rues de Tokyo. En quoi le Japon vous inspire-t-il ?
Mon père, avec qui je n’ai pas beaucoup vécu, était maître d’arts martiaux. J’ai toujours eu cette passion mais je n’ai pas pu l’assouvir à l’époque parce que ma mère n’en avait pas les moyens. Tout ce que j’ai pu faire, c’est du ping-pong ! Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours éprouvé une grande curiosité pour le Japon. Je m’intéresse à la spiritualité, toutes traditions confondues, l’Extrême-Orient est super inspirant, j’aime les mangas… Ça faisait longtemps que j’avais envie d’y aller. La pochette traduit aussi bien le Japon que le disque lui-même. Ce mélange entre modernité, avec le Tokyo nocturne, et la tradition, avec la question de l’identité profonde dont traite Hollywood. Le mélange entre poésie et quelque chose de martial, qu’on retrouve dans le rap : on y fait parfois presque une démonstration, mais avec quand même de la poésie et de la finesse.

Le 15 avril 2020, vous serez à l’Olympia avec Sofiane Pamart. Pour quelqu’un qui a grandi en partie avec la chanson française classique, c’est flippant ?
Je suis déjà monté sur la scène de l’Olympia, pour un plateau proposé par une asso avec Souchon, Voulzy, Kery James… Dans les loges, j’ai vu la photo de Brel, qui est ma référence ultime, intouchable, même si je n’aime pas tout son répertoire : ça tue ! Sinon, ça me met moins la pression, c’est plutôt excitant. Evidemment, on envie de la remplir, bien sûr… Mais c’est incroyable, c’est un rêve de gosse !

C’est confortable d’être plutôt à part, entre deux générations de rappeurs ?
On est un peu dans l’ère du turn up (« l’éclate totale » - ndlr) et ce n’est pas vraiment mon délire. Finalement, j’ai toujours eu une sorte de rap à part et peut-être plus encore aujourd’hui. Mais je ne me pose pas trop la question. J’ai envie d’écrire. J’aime écrire, j’aime créer. Et j’en ai marre de me fermer des portes. Je me suis amusé sur BX Vice, j’ai envoyé, ça m’a fait du bien, et je crois que ça se ressent. On est moins dans le côté sombre d’Abysses (sorti en 2013 - ndla), plus dans un truc libéré. C’est important aussi de témoigner de toutes les facettes d’un être humain, des différents moments de sa vie. Ça témoigne d’une quête, d’une évolution personnelle.

www.scyllaofficiel.be

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BX Vice
Abyssal / URBAN [PIAS]