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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Dalton Telegramme

La grande évasion

Artistes Pop - Folk - Rock
Dalton Telegramme (c) Véronique Malmendier
Dalton Telegramme (c) Véronique Malmendier

Oubliez les clichés. Les refrains folk qui sentent le cow-boy, le banjo et les cavalcades évoquant les espaces du wild wild west, c’est du passé pour Dalton Telegramme. Avec son deuxième album Victoria, la formation liégeoise s’épanouit dans une chanson française de qualité et des arrangements ciselés. Davantage ancré dans la réalité, plus ambitieux et aussi plus féminin depuis l’arrivée de l’ex Faon Faon Fanny Van Hammée, Dalton Telegramme se métamorphose dans de nouveaux espaces sonores raffinés. Un changement de cap réussi qui méritait les explications du chanteur Quentin Maquet et du guitariste Rémi Rotsaert.

Luc Lorfèvre

Dalton Telegramme a donné plus d’une centaine de concerts après la sortie de l’album Sous La Fourrure paru en janvier 2016. Dans quel état d’esprit êtes-vous ressorti de ce périple?
Quentin Maquet :
Sous La Fourrure et la longue tournée qui a suivi symbolisent l’accomplissement de tout ce que nous avions vécu depuis la formation de Dalton Telegramme en 2009 : le coup de foudre pour la scène bluegrass/folk, notre première rencontre avec le public québécois qui va nous adopter, mais aussi des dates inespérées en Suisse, en Pologne ou en Roumanie. En Belgique, on commence l’aventure dans des bars et nous  la terminons sur les grandes scènes des festivals. En bout de tournée, le bilan est bien sûr impressionnant, voire inespéré. Mais il y a aussi l’envie unanime d’affirmer d’autres influences musicales qui nous sont chères. Dalton Telegramme évoluait jusqu’alors dans des sonorités roots très americana . Sans rien renier, on s’est rendu compte que la formule bluegrass, banjo et contrebasse était devenue plus un frein pour le groupe qu’un cadre. Et dès les premières sessions de travail pour Victoria, nous nous en sommes éloignés.
Rémi Rostaert : Nous n’aurions pas pu aller plus loin dans cette démarche entreprise avec Sous la fourrure, sous peine de se répéter et de se lasser.  Nous avions tous envie de nouvelles sonorités. Ce n’était pas une volonté de notre part ou quelque chose d’ inscrit dans un cahier des charges. C’était un processus naturel.

Victoria, c’est à la fois le titre de l’album et celui de la chanson qui l’ouvre. Mais c’est aussi un prénom féminin et ça veut aussi dire Victoire. Ce mot résume-t-il parfaitement la nouvelle dynamique qui anime Dalton Telegramme ?
Q.M. :
Oui, ce terme coulait de source car il englobait beaucoup de choses. Sous la fourrure était un disque charnel, bestial. On l’a enregistré dans une cabane dans les Ardennes en mangeant plein de viande (rires).  Victoria, l’album, est plus sophistiqué, plus féminin aussi, et pas seulement parce que Fanny du groupe Faon Faon nous a rejoints. C’est un titre d’album qui affiche aussi clairement nos ambitions. On ne s’est pas mis de limite avec cet album et nous allons de l’avant.

Un pied dans la folk americana, un autre dans la chanson française à texte : Dalton Telegramme n’a jamais fait partie d’une famille musicale en Fédération Wallonie-Bruxelles ? C’est un avantage ou un inconvénient ?
Q.M. :
C’est une réalité mais on ne se pose pas la question du positionnement. Dalton Telegramme est un groupe de rock à la base. Nos liens très forts avec le Québec nous ont rapprochés de la scène folk qui explose là-bas. Avec Victoria, nous rappelons que nous sommes très friands de bonne chanson française. Au sein du groupe, des artistes comme Albin de la Simone et Bertrand Belin font l’unanimité. On écoute aussi beaucoup Juliette Armanet ou Voyou.

Comment Fanny, chanteuse et claviériste de Faon Faon a-t-elle intégré votre projet ?
R.R. :
Victoria a été enregistré à La Frette, dans la banlieue parisienne (studio implanté dans un ancien manoir où sont aussi passés Girls In Hawaii, Saule, Dan San, - ndlr). Yann Arnaud, le producteur/ingénieur du son de La Frette nous a suggéré d’ajouter quelques chœurs féminins. J’avais accompagné Faon Faon comme guitariste. On la connaît bien. Fanny est venue à Liège enregistrer ses voix. Comme ça se passait super bien, on lui a demandé de jouer aussi des claviers et elle a intégré Dalton Telegramme de manière on ne peut plus naturelle.

Nouvelle membre, enregistrement en France, présence d’un quatuor à cordes et de plusieurs invités comme Juliette du groupe Rive ou Maxime Lhussier de Pale Grey/Dan San. Dalton Telegramme  a-t-il cassé sa tirelire pour se donne les moyens de ses ambitions?
Q.M. :
Au final, Victoria n’a pas coûté plus cher que Sous La Fourrure. Nous ne sommes restés que cinq jours à la Frette. On a toujours gardé l’esprit home studio, « débrouillardise » et artisanal des débuts. À force de tourner, de donner des cartes blanches, de participer à des ateliers d’écriture, nous avons rencontré des tas de musiciens à Liège ou en Fédération  Wallonie-Bruxelles. Olivier Cox, notre batteur, joue aussi avec Dan San dans lequel Maxime Lhussier tient la basse.  En fait, sans faire partie d’une famille, nous avons l’impression d’évoluer dans un milieu très sain où les musiciens se parlent et s’entraident.  Quand tu creuses un peu, tu peux toujours trouver des connections entre les différents projets musicaux belges.

Le clip illustrant Sparadrap, premier single de Victoria, casse complètement toutes les idées préconçues qu’on avait sur Dalton Telegramme. Comment est-il né?
Q.M.- :
À l’époque de notre premier album, nous avions finalement pris la décision de scénariser nous-mêmes nos vidéos car tous les réalisateurs que nous contactions venaient avec la même idée : celle du groupe qui joue avec des chapeaux de cow-boy autour d’un feu de camp et dans un décor de bottes de foin. Bref,  tous les clichés qui tournent autour du style bluegrass/folk. Pour Sparadrap, on a donné carte blanche à un duo de jeunes réalisateurs : Louan Kampenaers et Romain Habousha. Quand j’ai écrit le texte de Sparadrap, je pensais clairement au sentiment de douleur que l’on peut ressentir lorsque sa compagne ou son compagnon n’est plus là. J’avais en tête un couple âgé et l’idée de la mort. Louan et Romain ont amené  la chanson dans une histoire de triangle amoureux avec deux hommes qui fantasment sur une relation masculine. C’est tourné en milieu urbain et dans le monde de la boxe amateur. Lorsque Louan et Romain nous ont proposé d’apparaître dans le clip, on a refusé. Ce n’était pas nécessaire. Stratégiquement,  c’était peut-être judicieux de montrer le groupe et de choisir comme premier single une chanson qui fasse davantage le pont  entre nos deux albums. Mais on s’est dit: on adore Sparadrap, on adore ce court métrage, ils représentent parfaitement ce que nous voulons exprimer dans Victoria, alors on fonce.

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Dalton Telegramme
Victoria
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SORTIE LE 20.09.2019