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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Guillaume Vierset Harvest Group

On the road (again)

Artistes Pop - Folk - Rock, Jazz
Harvest Group @ Olivier Laval
Harvest Group @ Olivier Laval

Quatre ans après un premier album très réussi (Songwriter), Guillaume Vierset revient, avec Harvest Group, nous bercer de sa musique résolument folk et délicatement jazz. Le leader et guitariste nous raconte le chemin sinueux qu’il a pris pour arriver à Nacimiento Road.

Jacques Prouvost

En 2016 tu sortais le premier album de Harvest Group. Quels avaient été les éléments déclencheurs de ce projet ?
Vers 2012, en fouillant l’énorme collection de vinyles du papa de ma copine, j’ai découvert Neil Young et Nick Drake. Je suis littéralement tombé amoureux de cette musique folk et nostalgique. Plus ou moins à la même période, j’avais gagné le concours jazz à Dinant, dont le prix était un enregistrement en studio. L’échéance se rapprochait et je devais absolument profiter de ce cadeau. J’ai opté pour le projet Harvest Group.

Le choix des musiciens était déjà clair et réfléchi ?
Oui. J’avais entendu le batteur Yves Peeters sur son album Sound Tracks. Je trouvais son jeu très fin et non démonstratif, idéal pour ce projet. Yannick Peeters à la contrebasse, c’était évident pour moi. Elle peut se libérer des structures et ouvrir la musique. Je voulais aussi retrouver le cello, comme chez Nick Drake, et j’ai pensé à Marine Horbaczewski car il y a peu de violoncellistes qui peuvent improviser comme elle. Et puis il me fallait un sax pour créer des harmonies avec le violoncelle et obtenir cette pâte bien particulière. Mathieu Robert s’est imposé naturellement. J’ai tout écrit très vite, trop vite même, mais c’était un passage obligé pour arriver à ce nouvel album.

Tu as tiré des leçons de cette expérience qui a connu un beau succès. Tu as revu ta façon de travailler, d’écrire, d’arranger ?
D’une part, ce succès un peu inattendu nous a permis de jouer beaucoup ensemble, ce qui est toujours enrichissant. D’autre part, je suis un control freak, je veux tout gérer. C’est ce que je faisais avec LG Collective et c’était pesant, il fallait que je change. J’ai appris à « laisser faire » avec Harvest et aussi grâce aux encouragements d’amis musiciens. Avec ce nouvel album, j’ai vraiment assumé le côté folk et j’ai écrit beaucoup moins, pour laisser beaucoup plus de libertés aux autres. Il y a des morceaux qui tournent autour d’un simple accord et une brève mélodie, un peu comme dans un standard de jazz, ce qui permet aux autres d’improviser. C’est cela qui me plaît actuellement : être surpris par ce qui peut se passer.

Ce « lâcher prise », cette façon d’accepter ta musique, t’es venu aussi après un long voyage aux States.
On est parti un mois, ma copine et moi. On a beaucoup roulé, on a fait plus de 6000 kilomètres. On écoutait plein de musiques, folk, jazz ou rock. Je me mettais à l’arrière de la voiture avec mon ukulélé et plein d’idées me venaient en tête. C’est pendant ce voyage que je me suis convaincu de changer ma manière d’écrire. De réfléchir un peu moins et d’être plus spontané.

Nacimiento Road, qui est le titre d’un morceau, mais surtout le titre de l’album, est donc une invitation au voyage. La set-list a été pensée comme les étapes d’un voyage ?
Oui, l’ordre était important pour raconter une histoire. En plus, l’album sortira en vinyle et il a aussi été pensé en face A et face B. Bien sûr, dans une histoire, il y a des morts et des blessés. On avait enregistré treize ou quatorze morceaux. J’ai dû en éliminer - on est arrivé à neuf - pour être plus cohérent et donner un vrai sens à l’album. Nacimiento Road résume bien l’esprit de l’aventure. C’est une route particulière, très rocailleuse, très peu empruntée, presque secrète et réservée à l’armée, dit-on. Nous l’avons prise un jour où l’on voulait se détacher de l’itinéraire prévu. Cette route mène au-dessus des nuages, on passe d’un froid humide à un soleil intense. Ça représente bien l’esprit de l’album. Il y a aussi Big Sur, le morceau d’Yves et Arizona Trip qui parlent d’eux-mêmes. A Soul  est inspiré d’un morceau de Bon Iver, en moins électro. On a repris un traditionnel américain, Long Journey qui a inspiré également Outro. Je pense que cet album me ressemble vraiment. Ça improvise tout le temps, c’est mon côté jazz. C’est du jazz moderne dans une folk d’aujourd’hui, comme j’aime à le dire.

www.guillaumevierset.com

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Guillaume Vierset Harvest Group
Nacimiento Road
Igloo Records