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Montevideo

Ascenseur pour l'émotion

Artistes Pop - Folk - Rock
Montevideo © Fred Uyttenhove
Montevideo © Fred Uyttenhove

Disparue des radars depuis six ans, la formation bruxelloise  s’est envolée  à Brooklyn pour retrouver l’inspiration, la liberté et  la confiance. Elle nous revient des États-Unis avec Temperplane, un troisième album parfumé d’un groove psychédélique et de sonorités baggy héritées des années 90. Explications avec le chanteur/parolier Jean Waterlot et le bassiste Gabriel Reding.

Luc Lorfèvre

Six ans séparent votre deuxième album Personnal Space et Temperplane. Avez-vous l’impression de repartir à zéro ?
Jean Waterlot :
 En tant que musiciens, nous avons tous des acquis qu’on ne peut effacer. L’expérience en studio, les concerts, les rencontres, une première collaboration avec le Français Joakim Bouaziz, producteur de Personnal Space qu’on retrouve à nouveau derrière Temperplane… Tous ces éléments font que nous n’étions pas « vierges » avant de commencer le travail sur ce troisième album. D’un autre côté, chaque disque de Montevideo  est marqué de manière bien spécifique par la période où il a été enregistré. Vu comme ça, c’est une remise à zéro.

En quoi Temperplane diffère-t-il de vos deux albums précédents?
J.W
. : Notre premier disque Montevideo, en 2006, était une célébration de la fête, de la nuit et de l’hédonisme. Les titres des chansons Drunk For The Last TimeI am a Troublemaker ou H.E.A.T. parlent d’eux-mêmes. Personnal Space,en 2012, est l’album de la transition, celui qui correspond à notre entrée dans l’âge adulte. Mais, tout en prenant nos responsabilités, il y a encore de la nostalgie des années post-adolescentes. Temperplane est le disque de la sérénité et de la sagesse. Nous avons fondé une famille, nous avons davantage confiance en nous et, surtout, nous allons à l’essentiel. Cela se ressent dans notre musique où tout est davantage assumé. Même si c’est encore trop tôt pour le dire, j’ai l’impression que Montevideo referme un triptyque avec Temperplane.

Faire du rock en 2019 alors que les majors ne misent  plus que sur la musique urbaine, c’est accepter de repasser par la case «indie » ?
J.W
. : Quelque part, c’est du luxe aujourd’hui d’être un groupe de rock belge. En Angleterre, en six ans, nous aurions dû changer quinze fois de nom et de style musical pour pouvoir encore exister. Nous, on peut revenir tout en gardant notre ADN et notre liberté. Après Personnal Space qui était sorti sur la major EMI, nous nous sommes retrouvés sans maison de disques, sans échéance et sans attente particulière. Après une période en «mode déprime», nous nous sommes réappropriés notre projet et nous nous sommes posés les bonnes questions. Quelque part, ça nous a fait un bien fou. Après s’être rappelé les raisons pour lesquelles nous avions formé ce groupe, nous avons avancé. Nous étions contents du travail réalisé par Joakim Bouaziz sur Personnal Space. Nous lui avons demandé de réaliser notre nouvel album et on a signé sur son label Tigersushi (Poni Hoax, Desmond And The Tutus, Joakim, - ndlr). Ce sont finalement des choix logiques et naturels que nous avons faits.

Vous avez enregistré Temperplane à Brooklyn. En quoi, l’influence de New York pèse sur le disque ?
Gabriel Reding: 
Depuis que le groupe existe, c’est la première fois que nous nous retrouvions à quatre, loin de nos repères et de nos proches. Cela nous a permis de nous focaliser entièrement sur nos chansons. Nous avons fait deux sessions à Brooklyn durant l’hiver 2016. On était là quand David Bowie est décédé. Nous sommes allés nous promener dans son quartier, un peu comme un hommage inconscient. À Bruxelles, il y a eu les attentats en mars. On a vécu  ce drame à distance, à travers le prisme des médias américains. On imaginait nos familles et nos potes bloqués chez eux à Bruxelles dans un climat apocalyptique alors que nous, on était là à quatre à faire de la musique dans une ambiance cool et à réaliser le vieux fantasme d’enregistrer un album rock à New York. Il y a avait un côté absurde dans cette situation.
J.W. Le titre de l’album résume bien l’état d’esprit dans lequel nous étions au moment de l’enregistrer. Temperplane, c’est un mot imaginaire qui sous-entend l’idée d’un ascenseur émotionnel. Tu prends de la hauteur et tu observes ton monde. C’est exactement ce que nous avons ressenti lorsque nous étions à Brooklyn.

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