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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

BRNS + Ropoporose

L'union fait NAMDOSE

Artistes Pop - Folk - Rock
NAMDOSE (c) Boris Görtz
NAMDOSE (c) Boris Görtz

L’an dernier, le programme des Nuits Botanique comportait pas moins de quatre créations. Celle réunissant les Français de Ropoporose et les Belges de BRNS fut pour beaucoup la plus emballante. Leurs quarante minutes communes vont désormais vivre sur disque, alors que de nouveaux concerts s’annoncent. Même sentiment chez les uns que chez les autres : le bonheur est dans Namdose !

Didier Stiers

Ils avaient déjà une petite histoire commune avant de se rejoindre sur scène. Une histoire qui a débuté en France, près de Vendôme et de son recommandable festival, les Rockomotives. Côté Ropoporose, Pauline Benard (chant, guitare, clavier, percussions) et son frère Romain (batterie, guitare, chœurs) y ont entamé leur éducation musicale. On a commencé très jeunes, raconte le second. C’était en 2012, et nos débuts allaient vraiment de pair avec le festival. On y a été tous les ans ! BRNS y a joué aussi… On y avait vu Ropoporose plusieurs fois, dit Antoine Antoine Meersseman (basse, chœurs). Et on s’entend très bien avec Richard Gauvain, qui est leur manager et l’organisateur des Rockomotives. La suite ? Les deux groupes ont fini par se retrouver sur un split sorti à l’occasion du Disquaire Day 2016 sur le « label »* du même Richard Gauvain. Mais deux titres à nous et deux titres de Ropoporose, ce n’est pas comme si on se connaissait vraiment beaucoup plus que ça ! Et puis, fin avril 2018, les uns et les autres sont programmés aux Nuits Botanique. Au Musée. Alors tant qu’à faire, autant jouer ensemble ! Et sur scène, l’évidence s’impose. Celle de cette union entre fougue et insistances hypnotiques, entre naturel, improvisation et émotion, post-rock et psychédélisme.
Antoine Meersseman (BRNS) : Paul-Henri Wauters (directeur du Botanique) a proposé qu’on réfléchisse carrément à une création originale, et qu’on fasse du coup un concert de quarante minutes. Ça, c’était fin janvier. C’était un peu court comme délai mais faisable (leur concert commun aux Nuits au Botanique était programmé le 28 avril 2018 – ndlr). Et les Ropoporose, ça les chauffait vraiment bien. On a réussi à caler des dates et on a fait 14 jours de répète pour créer sept morceaux en tout.
Romain Benard (Ropoporose) : Parmi les grosses découvertes qui nous ont poussés, ma sœur et moi, à faire de la musique, il y a eu BRNS et quelques autres groupes, comme Peter Kernel… BRNS a été vraiment très inspirant pour nous. Nos premières maquettes ressemblaient pas mal à ce qu’ils faisaient. Du coup, on a commencé notre progression de loin, en étant des petits fans. Puis par le fait des choses, et par les amitiés qui se nouent à Vendôme entre les musiciens, on les a revus, eux sont revenus plusieurs fois, on s’est un peu rencontrés comme ça, et puis on a eu la chance de partager ce disque. Ce n’était pas vraiment une collaboration, mais on s’en approchait déjà. Avec nos boulots respectifs, on n’a d’abord pas eu le temps de profiter du split pour tourner ensemble. Il y a un an, un an et demi, on a commencé à partager des scènes. Ça avait évidemment du sens d’être leur première partie. Quand le Botanique a fait cette proposition, à priori, c’était aussi une évidence. Et puis avant tout, c’était un réel plaisir pour ma sœur et moi d’envisager ce truc-là ! BRNS, ce sont des gens qu’on écoutait il y a dix ans et avec qui on forme un groupe aujourd’hui, enfin ! Et puis il y a des belles choses d’amitiés. Voilà, nous, c’est comme ça qu’on le voit (quelque chose nous dit aussi que Romain devrait être devenu bruxellois à l’heure où vous lisez ces lignes ! - ndlr).

JAM, JAM JAM !

De vos morceaux en commun, vous diriez que vous vous êtes vraiment engagés sur des territoires inconnus ?
A.M. :
Oui, on est quand même vraiment allés vers d’autres choses, chercher d’autres sonorités. Eux aussi, et ça bouscule un peu le truc tout en étant assez familier. Je pense que ce sont des choses vers lesquelles on ne se serait pas tournés forcément, mais en même temps qu’on aime beaucoup. C’est un univers assez connexe.

Créé à partir de jams, c’est ça ?
A.M. :
Pendant les premiers jours de répétitions, on a commencé par jammer ensemble, à cinq dans la même pièce. Pour voir ce qui en sortait et voir vers quoi on se dirigeait naturellement. Je pense que c’est assez intéressant. C’est-à-dire que là, tu joues avec de nouveaux musiciens, et plutôt que d’imposer un truc en te disant qu’il y a déjà des squelettes, tu regardes vraiment ce que ça peut donner de jouer ensemble. Et donc, c’est forcément un petit peu nouveau.
R.B. : La première manière de le voir, ce serait de dire qu’il y aurait 50% Ropopo (sic - ndlr) et 50% BRNS. Après, je pense qu’à cinq, on a réussi à créer une alchimie un peu particulière, où on entend chacun des choses qui nous sont propres, mais la musique qu’on a réussi à tirer de ça n’est pas exactement une addition pure et simple de nos styles.

Et vous êtes sortis de votre zone de confort ?
R.B. :
Effectivement. On a aussi proposé des maquettes qui nous étaient propres, des choses sur lesquelles on avait commencé à bosser mais qui étaient finalement beaucoup plus intéressantes à bosser à cinq. Il y avait une espèce d’excitation, devant ce grand instrumentarium : plein de synthés, de basses, de guitares… Tim (Timothée Philippe, de BRNS - ndlr) et moi n’avons pas du tout le même jeu de batterie, mais c’était rigolo, justement, de chercher un petit peu nos différences, aussi pour les exalter ensemble. Et on était d’autant moins en zone de confort puisqu’on n’avait que très peu de temps pour composer nos morceaux. Mais c’est ça aussi qui nous a permis de sortir de nos zones musicales respectives.

Ça aurait été frustrant de rester uniquement sur le concert du Botanique ? De ne pas prolonger avec un album et d’autres concerts ?
R.B. :
Oui, ça aurait été pas mal frustrant. Au début, c’est vrai qu’on n’imaginait pas trop : c’était une commande du Botanique, on se connaissait encore à peine, avec BRNS, et on n’a pas du tout pensé plus loin que ce concert. On avait surtout une deadline et très peu de jours pour composer ! Passé ce premier concert, on a été tellement enthousiasmés ensemble que l’idée d’enregistrer ces morceaux ensemble est venue très vite. On s’est dit : Voilà, c’est chaud, on enregistre le résultat tel quel ! 
A.M. : On s’est dit que c’était quand même un peu débile d’en rester là et qu’on pouvait tout simplement monter un side project à cinq. Entretemps, on a donné un concert au Petit Bain à Paris, une chouette salle, sur une péniche, et puis on a enregistré six des sept morceaux qu’on avait composés, début septembre, dans le but de les sortir et de tourner vraiment avec ce projet. Mais c’est un projet qui est globalement très axé sur le live : tout a été composé en live, enregistré en live, donc… En plus, c’est très agréable à jouer et quelque part, c’est très lisible comme musique.

Le projet a été baptisé Namdose plutôt que BRNSRPPRS, ce qui est nettement plus simple à prononcer et à retenir…
R.B. :
C’est ça, Ropoporose à la sauce BRNS, ça fait « rrrfshttzz » (imaginez un bruit de parasite dans la radio - ndlr) et ce n’est pas évident à prononcer. On a mis un peu de temps à trouver un nom. Il y avait les partisan du « on garde le BRNSRPPRS et tant pis pour les gens qui ont du mal à le dire ! » Finalement, un nouveau nom semblait plus rigolo, et on n’a pas cherché bien longtemps avant de trouver celui-ci. Comme ça, c’est aussi un peu moins équivoque. Ça participe justement au fait que ce n’est pas « un groupe + un groupe égale l’addition des deux groupes », on préservait la nouveauté.

UN PETIT VENT DE DEMORALISATION

Qu’est-ce que Namdose vous a apporté ? En tant que BRNS, d’abord ?
A.M. :
On était dans une période un peu bizarre. On a sorti notre dernier disque il y a un peu plus d’un an (« Sugar high » a vu le jour le 6 octobre 2017 - ndlr), et là, ça faisait quelques mois qu’on le défendait. C’est vrai que ça a été une tournée un peu moins « rigolote », je dirais. Ça a été un disque plus dur à défendre, et on s’était quand même bien pris la tête pour le composer. Donc… c’était un peu décevant et un peu chiant. Il y avait comme un petit vent de démoralisation des troupes, et ici, du coup, ça a redonné une dynamique super agréable, de composer des morceaux très vite, sous la pression du temps imparti mais aussi sans se mettre vraiment des exigences de dingue. Encore une fois, en termes de compos, c’est un peu tout ce qu’on ne ferait pas avec BRNS, même si ça y ressemble quand même fortement. Mais c’est hyper agréable comme manière de composer. Et sur scène, c’est hyper agréable aussi. J’ai l’impression qu’on s’amuse plus, à la limite, on a moins l’impression de devoir apporter quelque chose de sérieux et de difficile comme dans BRNS.

Et pour Ropoporose ?
R.B. :
Le fait de créer un groupe dans un cadre comme celui où il a été composé, de jouer avec des gens comme BRNS, c’est aussi un moteur pour d’autres choses. Là, avec Ropoporose, on est en pause parce qu’on va commencer à écrire un nouvel album…

Pour lequel vous aurez tiré quels enseignements ?
R.B. :
À deux dans Ropoporose, on a toujours été dans des rapports de contrainte dans la composition. N’étant que deux, avec la pédale loop, on a une contingence, une mécanique musicale qui ne favorise pas, justement, ce qu’on a vécu avec Namdose. Où on peut exploiter le fait d’être vraiment nombreux, des situations musicales liées au fait qu’on est cinq. Et je pense que dans ce rapport de contrainte, c’est un peu dur de revenir à la composition à deux. Quand on goûte à un groupe avec deux batteries et tout, et qu’on en revient ensuite à notre bon vieux guitare/batterie… À mon avis, ça va changer un petit peu notre manière de voir notre musique. D’autant plus que comme nous sommes deux, il faut souvent renouveler la manière dont on envisage nos compos, sans quoi on peut vite tourner en rond. Namdose sera finalement un bon moteur pour un futur album !

Il est encore un peu dans les limbes ?
R.B. :
Oui, après j’espère que ce sera pour 2020, mais 2020, c’est encore un peu les limbes. Là, on se concentre plus sur Namdose, sur des dates. On a quelques belles touches, quelques belles propositions pour les festivals de l’été. C’est en train de se monter, et je scrute l’agenda tous les jours pour voir des nouvelles choses arriver !

www.brns.be
www.ropoporose.com
www.facebook.com/namdose

* Le Thoré Single Club, distribuant, moyennant un abonnement, un certain nombre de vinyles par an.

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*** NAMDOSE ***

Tracklist

1. All that you have
2. Fast (Riz au lait)
3. Woe
4. Wake up
5. You can dance (Archive)
6. Off the hook (Shit song)

*** 1+1 = NAMDOSE ***

Ropoporose

Dixit la bio du groupe : Faite de bric & de broc, leur musique est un miroir aux alouettes, réunion de deux esprits aimant à malmener doigts et chaussures sur des scènes jamais trop petites. Le duo compte à ce jour deux albums : Elephant love, sorti le 26 janvier 2015 sur Yotanka/Differ-Ant, et Kernel, foreign moons, sorti le 17 février 2017 sur Yotanka/PIAS.

BRNS/ROPOPOROSE 
Quatre titres figurent donc sur ce split single : The way up (BRNS), Guess my fault (BRNS), Holy birds (Ropoporose) et Fishes are love (Ropoporose).