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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

O.S.H.

S.O.S. psyché

Artistes Pop - Folk - Rock, psychédélique
DR
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Pour éviter tout conflit d’intérêt avec la ville d’Osh, au Kirghizistan, un groupe liégeois plante des points entre les majuscules de son acronyme. Musicalement, O.S.H cultive sa passion pour le psychédélisme dans un disque gorgé de mélodies hallucinogènes. Entre clin d’œil à Lou Reed et révérence au Brian Jonestown Massacre, l’affaire tient du coup fumant.

Nicolas Alsteen

Nouvelle entité dans la galaxie du rock psychédélique, l’expérience O.S.H. s’est matérialisée du côté de Liège au moment même où l’étoile des Scrap Dealers perdait de son éclat. En marge de nos chansons, j’avais composé des trucs plus personnels et sans concession, confie le multi-instrumentiste Régis Germain. Mais cela n’avait aucune prétention. J’avais enregistré ces morceaux tout seul dans ma chambre. Après avoir empilé plusieurs démos entre la couette et l’oreiller, le garçon se résout finalement à publier quelques titres. En février 2017, il sort ainsi une cassette audio : sept titres emballés sous l’écriteau Ode To Space HassleÀ la base, je voyais cet objet comme un produit d’appel, explique-t-il. Pour moi, c’était un moyen d’appâter d’autres musiciens motivés par ce genre de musique. Le guet-apens imaginé par Régis Germain fonctionne à merveille. Attirés par ses sons psychés, un claviériste, deux membres des Scrap Dealers et le batteur du groupe Whatever! se bousculent au portillon de ses chansons.

Pour trouver ses repères, la formation part des mélodies enregistrées sur la fameuse cassette, récupérant au passage son intitulé pour falsifier un nom de scène. O.S.H. est l’acronyme de Ode To Space Hassle. À l’origine, il s’agit du titre d’une chanson signée par The Brian Jonestown Massacre qui, elle-même, est un clin d’œil à un morceau des Spacemen 3 (Ode To Street Hassle - ndlr) qui, eux aussi, rendaient hommage à l’album Street Hassle de Lou Reed. Sous cette vertigineuse mise en abîme, O.S.H. déroule le fil rouge de ses influences. Dans ma vie, The Brian Jonestown Massacre tient une place centrale. Si je me suis mis à la musique, c’est grâce à ce groupe américain. Je l’avais découvert, complètement par hasard, au Dour Festival 2008. Les mecs étaient programmés sur la grande scène. Ils jouaient dos au public et racontaient des crasses sur la Belgique. Ils n’avaient pas l’air heureux d’être là. Mais moi, j’ai adoré. De retour à la maison, je me suis procuré un de leurs albums, Their Satanic Majesties' Second Request : une révélation. Après ça, j’ai fait une fixette sur la formation, sa discographie et son leader, Anton Newcombe.

Burger Quiz

Le nouveau Love Won't Find A Way se fraie aujourd’hui un chemin dans l’actualité à la faveur d’un deal avec Burger Records. Ultra influent, le label californien fait la pluie et le beau temps du rock indépendant en multipliant des sorties essentielles. Au rayon garage ou dans l’étagère des produits psychotropes, les bonnes pioches se ramassent ici à la pelle : Thee Oh Sees, Black Lips, Ty Segall, La Femme, King Khan ou Jacco Gardner font, notamment, partie du précieux catalogue. Les gens de Burger Records m’ont rapidement fait part de leur enthousiasme, confie Régis Germain. Mais ce qu’ils sortent sur support physique, ce sont des priorités. Or, pour un label comme ça, un groupe liégeois n’est clairement pas prioritaire. Pourtant, ils souhaitaient donner un coup de pouce au projet. C’est comme ça que nous avons signé un contrat pour tout l’aspect digital de la sortie. Accoler l’étiquette Burger Records à la musique d’O.S.H., ça permet d’obtenir un brin de visibilité dans un milieu hyperconcurrentiel.  Et puis, via cette signature, j’ai eu accès aux services d’une grosse boîte d’édition américaine. RVCA, une marque de fringue spécialisée dans la culture surf et skate, vient d’ailleurs de nous acheter le titre We Used to Be Friends pour le placer dans un spot publicitaire...

Si la musique d’O.S.H. voltige à bonne distance de la surface terrestre, les paroles des morceaux s’ancrent dans l’intimité de Régis Germain. Mais je n’explique jamais la signification des textes, dit-il. C’est vraiment personnel. De nature, je suis un garçon discret, plutôt taiseux. Pour moi, la musique est un exutoire. Écrire des chansons, c’est un mode d’expression, ma seule façon de raconter ce qui me passe par la tête. Mais je ne tiens pas spécialement à m’étendre sur le sujet…

Pour habiller la pochette de Love Won't Find A Way, O.S.H. s’est tourné vers l’illustrateur Pascal Braconnier. Amateur de rock, ce dernier a signé le visuel noir-jaune-rouge de l’album The Belgians (The Experimental Tropic Blues Band). On retrouve également sa patte derrière les images d’un clip réalisé pour The Blind Shake, l’un des fleurons du punk américain. Pour O.S.H, il a reçu carte blanche, indique le cerveau des opérations. Pour dessiner, il s’est inspiré de la musique. En écoutant le disque, il est parti dans un délire sur l’espace et le cosmos.

www.facebook.com/spacehassle

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O.S.H.
Love Won't Find A Way
Burger Records