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Interprète, académie de musique, avocat spécialisé, pop-rock, compositeur, instrumentiste...

Greg Houben

Le plaisir d’être soi-même en chansons

Artistes Chanson
Greg Houben © Etienne Plummer
Greg Houben © Etienne Plummer

Dans la grande armoire du jazz, certains tiroirs sont plus délicats à ouvrir. Celui consacré à la chanson  française grince souvent, mais Greg Houben n’en a cure. Il prend beaucoup de plaisir à secouer le cocotier, et propose avec Un Belge à Rio une sorte de Happy Culture, volume 2.

Jean-Pierre Goffin

Vous en avez surpris plus d’un en sortant Un Belge à Rio, un album de chansons. Qu’est ce qui vous a poussé à partir dans cette voie/voix ?
Greg Houben :
 J’arrivais à un moment où je devais me demander qui je suis. J’ai fait du jazz, de la musique brésilienne, du théâtre, j’aime les choses qui se racontent comme en jazz ou au théâtre, et aussi en chansons. 

Vous chantiez déjà avant ce disque.
Le chant m’est venu parce que la trompette est un instrument très physique et comme j’ai commencé très tard, j’ai vite souffert d’un manque d’endurance – je vous rassure, ça va beaucoup mieux maintenant (rires) – et lorsque je donnais des concerts, j’intercalais une chanson pour pouvoir reposer mes lèvres. Par la suite,  j’y ai pris goût ; je n’ai jamais vraiment appris à chanter… En fait, je passe mon temps à désapprendre et pour la voix, je voulais la garder intacte et rugueuse telle qu’elle est, je n’ai pas envie que ça sonne comme quelque chose d’appris. 

Aller au Brésil pour enregistrer, c’est retourner là où vous avez trouvé votre voie : comment s’est passé ce retour ?
 Nous étions engagés à Avignon pour The Wild Party et j’ai fait une rencontre primordiale, Benoit Goes, qui est aujourd’hui notre producteur. Je l’ai mis sur la piste de Sacha Toorop qu’il a produit, puis je lui ai proposé timidement deux ou trois de mes chansons enregistrées au dictaphone. Il m’a proposé de partir sur trois chansons et s’il était convaincu, on irait plus loin. S’ensuit une invitation au Brésil où on me demande d’enregistrer une Brabançonne-samba pour la Coupe du Monde, et c’est à Rio qu’on enregistre les premières chansons. Cédric Raymond qui a énormément contribué à la réalisation et aux arrangements a défini le son, créé un univers. C’est un monde différent de celui du jazz auquel j’étais habitué : ici il y avait un environnement autour de la production que je ne connaissais pas, il faut tout raconter en trois minutes. 

Cela implique des contraintes différentes du jazz.
Il y a bien sûr plus de contraintes, mais ça ne bride pas non plus les libertés. Plus il y a de contraintes, plus on peut s’en écarter, j’ai trouvé ça très jouissif .

Dans le public jazz certains n’ont pas compris ce virage « chanson »...
Le clip est complètement décalé et ça a surpris pas mal de personnes qui me connaissent. J’ai souffert de ces étiquettes qu’on donne à la musique: le jazz est déjà une musique de niche et certains en font une musique de nichette. Quand on a fait l’Happy Culture avec Fabian Fiorini, c’était déjà mettre la jouissance au centre des conversations, notre rapport n’était pas sur un jazz conventionnel. Je ne me cache plus derrière une façon de jouer à la Chet, à la Miles, je suis Greg Houben. Du coup, tout est devenu simple et naturel, ce qui ne veut pas dire que ça ne demande aucun effort. 

D’où vient la collaboration avec François Damiens ?
 La chanson de Mylène Farmer a fait le buzz. François Damiens l’a partagée sur son mur et beaucoup de gens ont pensé que c’était une nouvelle caméra-cachée, il y a eu près de 500.000 vues ! François, on se retrouve sur beaucoup de points. Je l’ai rencontré par le biais de Maxime Blésin qui a fait ses études avec lui. Il est venu à nos concerts et a beaucoup aimé. Quand j’ai eu l’idée du clip avec le guichet, du gars déguisé en Mylène Farmer, j’ai pensé à lui.  Quant au choix du morceau, on cherchait une reprise, quelque chose très éloigné de moi. Dans ce titre, il y a tout de même des réminiscences du Brésil dans le rythme et dans la construction de la mélodie.

www.greghouben.be