L’intégrale de la musique
© photo : Roger Van Tilt

Tout est parti d’une rencontre, d’une histoire d’amour, d’une passion commune. Fraîchement diplômée en communication, un choix par défaut, Paméla Malempré écume les petits boulots dans l’horeca et dans la vente. Tout en conservant l’envie dans un coin de sa tête de, peut-être, un jour, travailler dans le secteur culturel après avoir toujours été entourée de musiciens et d’artistes à la maison. Un milieu qu’elle voit comme difficile d’accès et extrêmement demandé. Et puis surtout, sans savoir par quelles portes elle pourrait y rentrer. Alors qu’elle se morfond chez Nespresso où elle n’a pas l’impression de se sentir utile, elle fait la connaissance d’Antoine Pierre, compositeur et musicien de jazz, qui devient son compagnon.

Elle se transforma rapidement et spontanément en manageuse après avoir remarqué qu’Antoine avait besoin de structurer cer- ains projets. «Ça a commencé bêtement quand on était à New-York, sur une terrasse. J’ai pris une feuille et je lui ai demandé de me citer les programmateurs et les journalistes qu’il connaissait en Belgique. » Elle liste alors une trentaine de personnes qu’elle va contacter, sans avoir trop d’idées sur le fonctionnement du milieu. Elle en profite aussi pour lui donner un coup de main pour les dossiers de subventions. «De fil en aiguille, je me suis rendue compte que je faisais de l’accompagnement d’artiste. Je l’ai fait avant de le concevoir je pense! »

Et voilà, sa porte d’entrée. Après avoir organisé un festival et après un passage chez Igloo Records, la Verviétoise pense alors lancer sa propre agence. Pour obtenir des conseils, elle se rapproche de Maaike Wuyts, fondatrice d’Aubergine Artist Management, spécialisée dans la promotion d’artistes de jazz. «Elle m’a plutôt proposé de venir travailler avec elle. Ce que j’ai accepté en amenant avec moi les artistes avec lesquels j’avais envie de continuer à travailler comme Antoine Pierre, Jean-Paul Estiévenart et Esinam. Les choses se sont faites de manière très naturelle. »

Si elle n’écoutait que peu de jazz à l’époque, ou alors que les grands noms, de Miles Davis à Weather Report, elle se passionne aujourd’hui pour ce genre dont elle ne cesse de découvrir les variétés et subtilités. Au point de vouloir monter son propre label, Shapes No Frame, avec «forcément toujours quelque chose de jazz, mais peut-être plus dans l’esprit libre, l’improvisation et le son acoustique qu’en termes de swing.» Pour le moment, deux projets d’Antoine Pierre et un EP de Next.Ape sont dans les tuyaux.

Avec la crise sanitaire, ses activités ont forcément été chamboulées. Pas question pour autant de se tourner les pouces, elle participe à la création de la FBMU, la Fédération des Bookers et Managers Uni·e·s., qui regroupe une quarantaine d’agences et qui siège au sein de CCMA, Comité de Concertation des Métiers des Musiques Actuelles. «On a souvent la tête dans le guidon dans le métier. Ce sont des secteurs dans lesquels on travaille beaucoup et où on a rarement l’occasion de lever la tête pour regarder ce qu’il se passe autour de nous. D’être engagée là-dedans et de réfléchir à des problématiques qui dépassent le cadre actuel et qui prévoit un avenir meilleur, c’est essentiel. »

Un article issu du magazine Larsen°42 - mars / avril 2021 - édité par Christophe Hars